TITRE : Chevalier de la résignation infinie
DATE : 2009
Installation sonore avec automatisation
RÉALISATION :commande d'oeuvre par L'Œil de Poisson
DIMENSIONS : env. 19 pi. x 14 pi. x 10 pi. (hauteur)
PHOTO Ivan Binet - VIDÉO : Diane Landry
- VIDÉO
- info technique PDF
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2012


2011


2010

2009
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- MASS MoCA, Massachusetts Museum of Contemporary Art, North Adams, MA
- Le Manège, Maubeuge (France)
- Maison des Arts de Créteil, Créteil (France)
- Festival Almost Cinema 2011, Vooruit, Gand (Belgique)
- International Triennial of New Media Art : Translife, Beijing, (Chine)
- Art Gallery of Hamilton, Hamilton (Ontario)
- Sound SymposiumXV, Band Room (MUM), St.John's (Terre-Neuve)
- Optica, Montréal (Québec)
- L'Œil de Poisson, Québec (Québec)
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Ce réseau complexe d'ombres et de lumières en mouvement opère de manière cyclique, tout comme l'autre installation avec les fers à repasser. La rotation des roues entraîne l'apparition et la disparition des lumières, alors que le nombre de roues - douze - renvoie aux heures sur le cadran d'une horloge et aux mois de l'année. Du sable coule dans les bouteilles comme dans un sablier. Par contre, si les moulins à vent suggèrent des motifs temporels humains, ils évoquent également les machines à mouvement perpétuel et, donc, une échelle de mesure différente, sinon un état situé au-delà de la temporalité. Bien que mue par l'électricité, la forme des assemblages, où le sable agit comme poids, évoque la vaine invention de roues à mouvement perpétuel (remontant au Moyen Âge, avec Bhaskara et Villard de Honnecourt, entre autres) qui dépendaient de l'inertie pour se mouvoir éternellement. Sur terre, le mouvement perpétuel semble un impossible fantasme, alors que les planètes et les étoiles gravitent dans l'espace pendant d'incommensurables périodes de temps sans aucun apport énergétique. La tension entre temps humain et éternité est ainsi condensée dans ces roues énigmatiques, tout comme celle entre l'échelle humaine et le cosmos : nous oscillons entre la reconnaissance d'une bouteille d'eau que nous pouvons tenir dans la main et la vision de systèmes stellaires procurée par leur disposition spatiale.

Dans plusieurs œuvres antérieures, Landry a attiré notre attention sur la menace de notre ressource la plus précieuse, l'eau potable, laquelle est manifestement absente des bouteilles ici présentes. Remplies de sable, les bouteilles sont taries, stériles. Au Québec, l'eau est intimement liée à la question énergétique et, donc, au problème et au fantasme du mouvement perpétuel. Il y a 237 bouteilles ici, dont le contenu liquide remplirait apparemment une baignoire, c'est tout. Le manque de vision dans la gestion humaine des ressources naturelles est cruellement mis en évidence ici par l'évocation du temps cosmique, en comparaison duquel l'existence humaine, voire celle de l'espèce, semble tout simplement sans importance. Et il y a quelque chose de terrifiant dans cet assemblage, si froid et serein, si imperturbable en notre présence.

(Extrait du catalogue-DVD « Diane Landry, installations & performances 2008-2009 », texte Alison Syme, L'Œil de Poisson, 2010, p.4-5.)